L’essentiel
- Mettez fin aux paris avant de chercher à récupérer les sommes perdues.
- Faites l’inventaire des dettes, des échéances et des dépenses essentielles.
- Contactez rapidement vos créanciers et demandez un accompagnement social.
- La Banque de France peut examiner un dossier de surendettement, sans effacer automatiquement les dettes.
- Évitez de souscrire un nouveau crédit pour rembourser les dettes liées au jeu.
Les dettes de jeu peuvent rapidement s’ajouter aux factures courantes, aux découverts et aux remboursements de crédit. La priorité est de ne plus miser, puis de dresser un état clair de vos dettes et de demander de l’aide. Selon votre situation, un accompagnement social et une procédure auprès de la Banque de France peuvent être envisagés.
Couper l’accès au jeu avant de chercher à récupérer l’argent
Miser pour rembourser une dette expose à perdre davantage. Ne tentez pas de récupérer vos pertes avec un nouveau pari, un pari plus important ou un crédit. Les paris ne garantissent aucun revenu, et les sommes déjà perdues ne peuvent pas être considérées comme de l’argent à récupérer. Pour comprendre ce mécanisme, consultez notre page sur la course après les pertes.
Commencez par vous éloigner des occasions de jouer : déconnectez-vous des applications, supprimez-les de vos appareils et désactivez leurs notifications. Vous pouvez aussi demander à une personne de confiance de vous aider à limiter l’accès aux moyens de paiement utilisés pour miser. Appelez votre banque pour savoir si elle propose un blocage des paiements liés aux jeux ou des limites temporaires sur votre carte. Ces mesures dépendent de l’établissement et ne remplacent pas un accompagnement.
L’auto-exclusion auprès d’un opérateur prend effet immédiatement. Vous choisissez une durée de 24 heures minimum à 12 mois maximum, mais elle ne concerne que cet opérateur. Elle ne bloque donc pas automatiquement l’accès aux autres sites. Les modalités sont expliquées dans notre guide sur l’auto-exclusion temporaire. Vous pouvez aussi demander à l’ANJ une interdiction volontaire de jeux, qui concerne les sites agréés et certains lieux de jeu. Elle dure au minimum trois ans et ne se lève pas à votre demande avant ce délai. La procédure d’interdiction volontaire de jeux est distincte de l’auto-exclusion.
Faire un état des lieux sans minimiser les montants
Rassemblez les informations dans un endroit unique, sur papier ou dans un tableau. Notez les sommes dues, les mensualités, les retards, les dates de paiement et les courriers reçus. Ajoutez les dettes qui ne viennent pas directement du jeu : loyer, factures, impôts, découverts et crédits. Gardez les contrats, relevés de compte et échanges avec les créanciers.
| Dette à recenser | Montant restant dû | Paiement mensuel ou retard | Prochaine échéance |
|---|---|---|---|
| Crédit à la consommation | 1 200 € | 120 € | 5 novembre |
| Découvert bancaire | 680 € | À préciser avec la banque | 2 novembre |
| Facture d’énergie en retard | 340 € | À convenir | 10 novembre |
| Total de cet exemple | 2 220 € |
Ces montants sont fictifs. Le tableau sert à voir l’ensemble des engagements, pas à établir un ordre de remboursement valable pour tout le monde. Inscrivez aussi vos revenus mensuels et vos dépenses indispensables : logement, énergie, alimentation, transport et santé. Si vous ne connaissez pas le montant exact d’une dette, indiquez-le et demandez un relevé au créancier plutôt que de faire une estimation optimiste.
Contacter les créanciers et protéger les dépenses essentielles
N’attendez pas que les relances s’accumulent. Contactez chaque créancier pour expliquer que vous rencontrez des difficultés et demander quelles solutions peuvent être étudiées : échéancier, report ou autre arrangement. Demandez une confirmation écrite des modalités proposées. Un créancier n’est pas tenu d’accepter votre demande, et les conditions varient selon le contrat et la situation.
Si vous avez du mal à couvrir vos dépenses essentielles, dites-le dès le premier échange. Le logement, l’énergie, l’alimentation et les soins ne doivent pas être oubliés au profit d’un remboursement qui ne serait pas tenable. Ne promettez pas une mensualité que vous ne pouvez pas assumer. Ne cessez pas non plus tous vos paiements sans conseil personnalisé : les conséquences dépendent du type de dette et du stade des démarches.
Méfiez-vous des propositions qui promettent d’effacer rapidement les dettes contre des frais, ou qui vous encouragent à souscrire un nouveau crédit. Avant d’accepter une consolidation de dettes ou un autre emprunt, demandez un avis indépendant à un professionnel de l’accompagnement budgétaire. La priorité est de comprendre le coût total et de vérifier que les échéances restent compatibles avec vos ressources.
Étudier le dossier de surendettement auprès de la Banque de France
Si vous êtes une personne physique et ne parvenez plus à faire face à vos dettes non professionnelles, vous pouvez demander à la Banque de France d’examiner votre situation. La commission de surendettement étudie les revenus, les charges, les dettes et les éléments de votre dossier. Le fait que certaines dettes soient liées au jeu ne justifie pas de les cacher : présentez les informations de manière complète et exacte.
La démarche est gratuite. Préparez les justificatifs de ressources et de charges, les relevés de compte, les contrats de crédit, les courriers de relance ainsi que les coordonnées des créanciers. La Banque de France peut vous renseigner sur les modalités à jour pour déposer le dossier et sur les pièces à fournir. Un travailleur social peut également vous aider à le préparer.
La commission décide si le dossier est recevable, puis examine les solutions adaptées à la situation. Selon les cas, elles peuvent inclure un rééchelonnement des dettes, un report, un effacement partiel ou une procédure de rétablissement personnel. Aucune de ces issues n’est automatique : la commission décide au vu du dossier et des règles applicables. Le simple dépôt du dossier ne signifie pas que toutes les échéances ou démarches des créanciers s’arrêtent immédiatement. Demandez à la Banque de France ce qui s’applique à votre cas et à quelle étape.
Ne pas rester seul face aux dettes et au jeu
Vous pouvez demander un rendez-vous à un travailleur social de votre commune ou de votre département, notamment auprès du centre communal d’action sociale. Il peut vous aider à faire le point sur les aides et les dépenses urgentes, et vous orienter vers les interlocuteurs adaptés. Votre banque peut répondre aux questions concernant le compte et les incidents de paiement ; la Banque de France renseigne sur la procédure de surendettement.
Les dettes s’accompagnent parfois de honte, de peur ou de conflits avec les proches. Pourtant, retarder les démarches peut rendre les échanges plus difficiles. Si vous le pouvez, choisissez une personne de confiance et demandez-lui de vous accompagner à un rendez-vous ou de vous aider à rassembler les documents. Vous pouvez aussi consulter notre page pour trouver de l’aide quand le jeu pose problème et les signes d’une addiction aux jeux d’argent.
Joueurs Info Service propose une écoute anonyme au 09 74 75 13 13, appel non surtaxé. Selon les informations d’aide disponibles, le service répond 7 jours sur 7 de 8 h à 2 h, mais les horaires sont à vérifier. Un médecin ou un professionnel de santé peut également vous accompagner si le jeu affecte votre sommeil, votre moral ou vos relations.
Si vous souhaitez fermer un compte après avoir organisé l’arrêt du jeu, vérifiez les conditions applicables et les sommes qui restent à régler. La fermeture d’un compte n’efface aucune dette contractée pour jouer (crédit, découvert, emprunt auprès d’un proche). Les démarches sont détaillées dans notre page sur la clôture d’un compte joueur.
Plan d’action pour les prochains jours
- Arrêtez de miser et mettez en place une mesure qui limite l’accès au jeu.
- Listez toutes les dettes, les retards, les revenus et les dépenses indispensables.
- Contactez les créanciers avant de prendre un nouvel engagement de paiement.
- Prenez rendez-vous avec un travailleur social ou demandez conseil à la Banque de France.
- Faites-vous accompagner pour les démarches et pour traiter les difficultés liées au jeu.
Questions fréquentes
Peut-on déposer un dossier de surendettement pour des dettes de jeu ?
La Banque de France peut examiner la situation d’une personne qui ne parvient plus à faire face à ses dettes non professionnelles. La commission étudie le dossier au cas par cas. Déclarez les dettes liées au jeu avec exactitude.
Le dépôt d’un dossier efface-t-il les dettes immédiatement ?
Non. Le dépôt ne supprime pas automatiquement les dettes et ne signifie pas que toutes les échéances s’arrêtent immédiatement. La commission examine la recevabilité du dossier et les solutions possibles selon votre situation.
L’auto-exclusion efface-t-elle les dettes liées au jeu ?
Non. L’auto-exclusion empêche de jouer auprès de l’opérateur concerné pendant la durée choisie, mais elle n’efface aucune dette contractée pour jouer (crédit, découvert, emprunt auprès d’un proche). Elle ne s’applique pas automatiquement aux autres opérateurs.
Faut-il prendre un crédit pour rembourser des dettes de jeu ?
Un nouvel emprunt peut alourdir le coût total et rendre les remboursements plus difficiles. Avant d’envisager une solution de crédit, demandez un avis indépendant à un professionnel de l’accompagnement budgétaire.
Qui contacter quand les dettes deviennent difficiles à gérer ?
Vous pouvez contacter vos créanciers, un travailleur social et la Banque de France pour étudier les démarches adaptées. Pour parler de votre pratique de jeu, Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13 ; l’appel est anonyme et non surtaxé.