L’essentiel
- La demande d’interdiction volontaire de jeux se fait auprès de l’ANJ, qui gère le fichier national.
- L’inscription dure au minimum trois ans et se renouvelle tacitement.
- La mesure bloque l’accès aux casinos et clubs de jeux, ainsi qu’aux comptes des sites agréés.
- La levée ne peut être demandée qu’après trois ans et ne se fait pas automatiquement.
- L’auto-exclusion est une démarche distincte, limitée à un seul opérateur.
L’interdiction volontaire de jeux est une démarche personnelle destinée à empêcher l’accès à plusieurs formes de jeux d’argent en France. Elle est gérée par l’Autorité nationale des jeux (ANJ) et s’applique pendant au moins trois ans. Voici comment la demander, quels jeux sont concernés et ce qui la distingue d’une auto-exclusion auprès d’un opérateur.
Le principe de l’interdiction volontaire de jeux
L’ANJ tient le fichier national des interdits de jeux depuis le 31 décembre 2020. Une personne inscrite ne peut plus accéder aux casinos et clubs de jeux, ni détenir un compte joueur auprès des opérateurs agréés par l’ANJ. Les comptes concernés sont clôturés et il n’est pas possible d’en ouvrir un nouveau tant que l’inscription est active.
La mesure concerne aussi les jeux de la FDJ et du PMU lorsqu’ils sont joués avec un compte joueur. Pour ces formes de jeu, la portée ne correspond donc pas à une interdiction générale de tout achat en point de vente : elle vise les jeux avec compte. Il faut distinguer ces cas de l’interdiction d’entrée dans les casinos et clubs, qui s’applique directement à ces établissements.
L’interdiction volontaire ne signifie pas que la personne est punie ou condamnée. C’est une mesure de protection demandée par la personne elle-même. La démarche est personnelle, mais un tuteur peut également l’effectuer pour la personne dont il a la charge.
Pour comprendre le rôle de l’organisme qui gère cette démarche, consultez notre page sur les missions de l’ANJ.
Quels accès sont bloqués, et lesquels ne le sont pas
La mesure touche plusieurs secteurs, avec une portée qui dépend du canal de jeu. Ce tableau résume les effets principaux prévus pour une personne inscrite.
| Type de jeu ou de lieu | Effet de l’inscription |
|---|---|
| Casinos et clubs de jeux | L’entrée est interdite. |
| Comptes sur les sites de jeux agréés par l’ANJ | Les comptes sont clôturés et il est interdit d’en ouvrir de nouveaux pendant l’inscription. |
| Jeux FDJ et PMU avec un compte joueur | La participation est interdite. |
| Achat de jeux FDJ ou PMU en point de vente sans compte | La mesure ne décrit pas une interdiction générale de tout achat en point de vente. |
Les opérateurs agréés concernés comprennent ceux qui proposent des paris sportifs, des paris hippiques ou du poker en ligne. La mesure s’applique au compte joueur, quel que soit l’opérateur agréé auprès duquel il a été ouvert. Elle ne correspond pas à une simple fermeture de compte à la demande d’un site : elle relève du fichier national géré par l’ANJ.
Comment faire la demande auprès de l’ANJ
La demande peut être réalisée de deux façons : par le service en ligne d’interdiction de jeux de l’ANJ, ou par courrier recommandé. Dans les deux cas, suivez les consignes officielles au moment de la démarche afin de transmettre les éléments demandés.
Pour une demande en ligne, prévoyez une pièce d’identité et un selfie dynamique, c’est-à-dire une vérification de votre identité à l’aide d’une courte séquence réalisée au moment de la demande. Cette étape est prévue par le service en ligne depuis la fin de 2025. Si vous choisissez le courrier, vérifiez auprès de l’ANJ les modalités et les pièces à joindre avant l’envoi.
La démarche se déroule généralement ainsi :
- Choisissez le service en ligne de l’ANJ ou la voie postale recommandée.
- Préparez les éléments d’identité demandés et vérifiez que les informations saisies sont exactes.
- Envoyez la demande en suivant les indications du service officiel.
- Conservez la confirmation reçue et attendez que l’ANJ vous indique la prise en compte de l’inscription.
Le délai de traitement n’est pas présenté de façon identique dans toutes les informations publiées par l’ANJ. Comptez quelques jours, sans considérer ce délai comme garanti. Si vous avez besoin de savoir à quelle date précise l’interdiction prend effet, demandez confirmation à l’ANJ. En attendant, ne vous appuyez pas sur le seul envoi de la demande pour supposer que tous les accès sont déjà bloqués.
Il n’est pas nécessaire de justifier la demande par un diagnostic ou par un niveau particulier de difficultés. Si vous hésitez sur la démarche, vous pouvez prendre conseil auprès d’un professionnel de santé ou d’un service d’aide. La demande reste une décision de protection, pas une déclaration publique sur votre situation.
Durée minimale et demande de levée
L’interdiction volontaire dure au moins trois ans. Elle est ensuite renouvelée tacitement : elle ne prend donc pas fin automatiquement à l’issue de cette période. La levée ne peut être demandée qu’après trois ans.
Pour solliciter la levée, adressez-vous à l’ANJ et suivez la procédure en vigueur indiquée par l’organisme. Ne supposez pas que l’inscription disparaît au seul passage des trois ans, ni que le dépôt d’une demande de levée rétablit immédiatement l’accès aux jeux. Attendez la confirmation de l’ANJ avant de considérer que la mesure est terminée.
Cette durée peut paraître longue, mais elle est cohérente avec le rôle du dispositif : offrir un cadre qui ne peut pas être annulé dans un moment d’impulsion. Si vous souhaitez arrêter de jouer, vous pouvez aussi prévoir un accompagnement pendant la période d’interdiction, par exemple avec un professionnel de santé ou un proche de confiance.
Interdiction volontaire et auto-exclusion : deux mesures différentes
L’auto-exclusion est demandée auprès d’un opérateur précis. Elle empêche de jouer chez cet opérateur, mais ne constitue pas une inscription au fichier national et ne s’étend pas automatiquement aux autres opérateurs. Sa durée, choisie par le joueur, va de 24 heures à 12 mois et elle prend effet immédiatement.
L’interdiction volontaire de jeux est plus large : elle est gérée par l’ANJ et concerne les casinos, les clubs de jeux et les comptes de jeux agréés concernés. Sa durée minimale est de trois ans et sa levée ne peut être demandée qu’après cette période.
| Point de comparaison | Interdiction volontaire de jeux | Auto-exclusion |
|---|---|---|
| Organisme ou interlocuteur | ANJ | Un opérateur donné |
| Étendue | Nationale, sur les accès prévus par le dispositif | Un seul opérateur |
| Durée | Trois ans minimum | De 24 heures à 12 mois |
| Fin de la mesure | Levée à demander après trois ans minimum | À l’échéance choisie, selon le dispositif de l’opérateur |
L’auto-exclusion peut convenir à une personne qui veut interrompre le jeu chez un opérateur précis pour une période définie. Si vous avez besoin d’une protection plus large, l’inscription auprès de l’ANJ est la mesure à examiner. Les deux démarches ne sont pas interchangeables. Retrouvez les détails de l’auto-exclusion auprès d’un opérateur.
Préparer un soutien pendant l’interdiction
Bloquer l’accès aux jeux peut être une première étape, mais il peut aussi être utile de réfléchir aux situations qui déclenchent l’envie de jouer et aux soutiens disponibles. Parlez-en, si vous le pouvez, à une personne de confiance. Vous pouvez également solliciter un professionnel de santé ou un service spécialisé, notamment si le jeu a des conséquences sur votre sommeil, vos relations, votre travail ou vos finances.
Les difficultés ne se résument pas toujours à une perte d’argent. Des pensées fréquentes autour du jeu, des tentatives répétées pour arrêter ou le fait de cacher sa pratique peuvent aussi alerter. La page sur les signes d’une addiction aux jeux d’argent aide à repérer ces situations sans poser de diagnostic.
Pour parler de votre pratique, Joueurs Info Service propose une écoute anonyme et non surtaxée au 09 74 75 13 13. Les horaires indiqués par les sites d’aide consultés en octobre 2026 sont de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7, mais cette information est susceptible d’évoluer : vérifiez les horaires avant d’appeler. D’autres pistes figurent dans notre guide où trouver de l’aide quand le jeu pose problème.
Si vous accompagnez un proche, évitez de gérer seul sa situation ou de lui prêter de l’argent pour compenser des pertes. Vous pouvez lire nos conseils pour aider un proche qui joue trop. L’objectif est de soutenir une démarche de protection sans culpabiliser la personne.
Les points à vérifier avant d’agir
- Adressez la demande à l’ANJ, et non à un opérateur isolé.
- Choisissez entre le service en ligne et le courrier recommandé, puis suivez les consignes officielles.
- Gardez la confirmation de l’inscription et retenez que la période minimale est de trois ans.
- Ne comptez pas sur une fin automatique : la levée doit être demandée après trois ans au minimum.
- Organisez un accompagnement si le jeu continue à occuper vos pensées ou à fragiliser votre quotidien.
Questions fréquentes
Comment demander une interdiction volontaire de jeux ?
La demande se fait auprès de l’ANJ, soit par son service en ligne d’interdiction de jeux, soit par courrier recommandé. Pour la démarche en ligne, une pièce d’identité et un selfie dynamique sont demandés. Suivez les consignes officielles pour vérifier les éléments nécessaires.
Combien de temps dure l’interdiction volontaire de jeux ?
La durée minimale est de trois ans. L’inscription est renouvelée tacitement et ne prend donc pas fin automatiquement au bout de cette période. Une levée ne peut être demandée qu’après trois ans.
L’interdiction bloque-t-elle tous les jeux achetés en point de vente ?
Elle interdit l’entrée dans les casinos et clubs de jeux et bloque les comptes de jeux concernés. Pour la FDJ et le PMU, elle vise les jeux joués avec un compte joueur. Elle ne correspond pas à une interdiction générale de tout achat en point de vente.
Quelle est la différence avec l’auto-exclusion ?
L’auto-exclusion est demandée auprès d’un opérateur et ne concerne que celui-ci. Elle dure de 24 heures à 12 mois. L’interdiction volontaire est gérée par l’ANJ, s’applique plus largement et dure au moins trois ans.
Un membre de ma famille peut-il demander l’interdiction à ma place ?
La démarche est personnelle. Un tuteur peut l’effectuer pour la personne dont il a la charge, mais un proche ne peut pas simplement demander l’inscription à la place d’un adulte autonome. En cas de doute sur la situation, contactez l’ANJ.
À qui parler si le jeu devient difficile à maîtriser ?
Vous pouvez appeler Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13. L’appel est anonyme et non surtaxé ; les horaires signalés en octobre 2026 sont de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7, mais ils sont à vérifier. Un professionnel de santé peut également vous accompagner.