L’essentiel
- Le pari mutuel hippique se structure au XIXe siècle, puis le PMU est créé en 1930.
- La Loterie nationale apparaît en 1933 et le Loto est lancé en 1976.
- La loi du 12 mai 2010 ouvre à la concurrence trois catégories de jeux en ligne.
- L’ANJ remplace l’ARJEL depuis le 1er janvier 2020.
- En octobre 2026, les casinos en ligne restent interdits en France.
L’histoire des paris en France s’est construite autour de deux univers : les courses hippiques et les loteries. Le pari sportif en ligne est arrivé bien plus tard, avec un cadre légal instauré en 2010. Voici les principaux jalons, des règles du pari mutuel à la création de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), sans confondre les jeux autorisés aujourd’hui.
Les dates clés de l’histoire des paris en France
Les dates ci-dessous sont des repères institutionnels. Elles ne résument pas toutes les formes de jeu qui ont existé en France.
| Date | Repère | Ce que cela change |
|---|---|---|
| 2 juin 1891 | Loi sur le pari mutuel | Le pari mutuel est autorisé et encadré sur les hippodromes. |
| 1930 | Création du PMU | La loi du 16 avril autorise le pari mutuel hors des hippodromes ; le PMU est créé. |
| 1933 | Loterie nationale | Une loterie nationale est mise en place. |
| 1976 | Lancement du Loto | Une nouvelle étape dans l’évolution de la loterie nationale vers l’opérateur devenu la FDJ. |
| 1991 | Adoption du nom Française des jeux | La société prend le nom de FDJ. |
| 12 mai 2010 | Loi sur les jeux en ligne | Les paris sportifs, les paris hippiques et le poker peuvent être proposés en ligne sous agrément. |
| 2 octobre 2019 et 1er janvier 2020 | Création de l’ANJ et remplacement de l’ARJEL | La régulation des jeux est confiée à une autorité dont le champ est plus large. |
Le pari mutuel hippique se structure au XIXe siècle
Les paris sur les courses de chevaux se développent avec l’organisation des courses et l’essor des hippodromes. La loi du 2 juin 1891 constitue un jalon important : elle autorise et encadre le pari mutuel sur les hippodromes uniquement. Les rapports dépendent ensuite des mises gagnantes et des règles de répartition, après les prélèvements prévus.
Ce système se distingue d’un pari à cote fixe. Dans un pari à cote fixe, l’opérateur propose une cote au moment du pari. Dans le pari mutuel, le rapport final dépend notamment de la répartition des mises entre les chevaux. Il peut donc varier jusqu’à la clôture des enjeux.
Ce principe reste au cœur des paris hippiques français. En ligne, les paris hippiques autorisés sont eux aussi mutuels, et les mises sont enregistrées avant le départ. Il n’existe pas de pari hippique légal à cote fixe en ligne. Pour comprendre les rapports et le partage des mises, consultez notre guide du pari mutuel hippique.
Du PMU à la Loterie nationale, puis à la FDJ
Créé en 1930 par les sociétés de courses, le Pari mutuel urbain, ou PMU, organise les paris hippiques hors des hippodromes. Il ne s’agit pas d’un opérateur de paris sportifs : son activité historique est le pari sur les courses. Aujourd’hui encore, le PMU détient des droits exclusifs dans son réseau de points de vente et sur certains hippodromes. Sur Internet, en revanche, les paris hippiques sont proposés par plusieurs sociétés agréées, dont le PMU. Les masses d’enjeux en ligne sont séparées de celles des points de vente.
La Loterie nationale apparaît en 1933. Le Loto est lancé en 1976, au sein de la structure nationale qui prendra le nom de Française des jeux en 1991. La FDJ développe ainsi une activité distincte de celle du PMU : les loteries, puis des jeux de paris sportifs proposés dans son réseau. La loterie conserve un régime de monopole, différent du système d’agréments ouvert à plusieurs opérateurs pour les paris sportifs, hippiques et le poker en ligne.
Les deux histoires sont souvent rapprochées parce que le PMU et la FDJ sont des acteurs historiques du jeu en France. Leurs cadres ne sont toutefois pas identiques. Le PMU reste associé aux courses hippiques et à leur pari mutuel ; la FDJ, devenue FDJ United, exploite notamment les loteries sous droits exclusifs et des activités en concurrence. Les spécificités de ces régimes sont détaillées dans notre page sur la FDJ et le PMU.
Les paris sportifs passent à l’ère d’Internet
L’histoire des paris sportifs ne commence pas avec les applications mobiles. Le changement décisif pour leur offre en ligne est juridique : la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 ouvre à la concurrence une partie des jeux d’argent sur Internet. Elle ne légalise pas tous les jeux ni tous les sites. Elle permet à des opérateurs d’obtenir un agrément pour trois catégories : les paris sportifs, les paris hippiques et les jeux de cercle, notamment le poker.
Pour les paris sportifs, l’offre autorisée comprend les paris à cote et les paris mutuels. Les paris en direct sont également permis, mais uniquement sur des compétitions et des types de résultats inscrits sur la liste sport de l’ANJ. Les paris sur l’e-sport, eux, ne font pas partie des paris sportifs autorisés.
La loi a donc organisé une ouverture encadrée, et non un accès sans limites. Les opérateurs agréés doivent respecter les règles françaises, notamment celles qui visent à protéger les joueurs et à préserver l’intégrité des compétitions. Les paris hippiques en ligne restent mutuels, tandis que le poker en ligne est autorisé dans les formes prévues par les textes.
La loi de 2010 a aussi créé l’ARJEL, l’Autorité de régulation des jeux en ligne. Pour les étapes juridiques de cette ouverture et les catégories concernées, retrouvez notre dossier sur la loi de 2010 et les jeux en ligne.
De l’ARJEL à l’ANJ, une régulation élargie
L’ANJ a été créée par l’ordonnance du 2 octobre 2019. Elle remplace juridiquement l’ARJEL depuis le 1er janvier 2020 et s’est effectivement mise en place en juin de la même année. La différence tient aussi à son périmètre : l’ANJ ne s’occupe pas seulement des opérateurs de jeux en ligne agréés. Sa compétence couvre également la FDJ et le PMU sous droits exclusifs, ainsi que certains volets des casinos, des clubs de jeux et des hippodromes.
Ses missions comprennent la prévention du jeu excessif et la protection des mineurs, la lutte contre les manipulations et les activités frauduleuses, et la recherche d’un équilibre entre les filières de jeu. Elle délivre les agréments pour les activités en ligne concernées, examine les stratégies promotionnelles des opérateurs et peut faire bloquer des sites illégaux. L’ARJEL est donc un repère historique, mais l’autorité actuelle est bien l’ANJ. Son rôle est développé dans notre présentation de l’ANJ et de ses missions.
Ce qui est autorisé en ligne en octobre 2026
L’histoire des paris en France ne suit pas une progression où tous les jeux finiraient par être autorisés sur Internet. En octobre 2026, les catégories d’offres en ligne encadrées par l’ANJ sont les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. La loterie est proposée dans le cadre du monopole de la FDJ, en points de vente et en ligne.
Les jeux de casino en ligne, comme les machines à sous, la roulette ou le blackjack, restent interdits en France au 29 octobre 2026. Aucun texte d’ouverture n’a été adopté à cette date. Une proposition discutée ou un amendement déposé ne suffit pas à modifier le droit en vigueur. La situation est expliquée dans notre page sur la légalité des casinos en ligne.
Cette distinction permet d’éviter deux confusions fréquentes : l’ouverture des paris en ligne en 2010 n’a pas légalisé toutes les formes de jeu, et le fait qu’un acteur soit connu du public ne signifie pas que toutes ses offres relèvent du même régime. Pour vérifier les catégories autorisées et les règles applicables aujourd’hui, consultez aussi notre guide sur les paris en ligne légaux en France.
Repères pour lire cette histoire sans confusion
- Le pari mutuel hippique s’institutionnalise à la fin du XIXe siècle ; le PMU est créé en 1930.
- La Loterie nationale date de 1933. Le Loto est lancé en 1976 et la société prend le nom de Française des jeux en 1991.
- La loi du 12 mai 2010 ouvre à la concurrence trois catégories de jeux en ligne, sous agrément.
- L’ANJ remplace l’ARJEL depuis le 1er janvier 2020 et régule un champ plus large.
- En octobre 2026, les casinos en ligne demeurent interdits et les paris en ligne autorisés restent soumis à des règles spécifiques.
Les jeux d’argent sont réservés aux adultes et peuvent entraîner des pertes, des conflits familiaux ou une addiction. Ils ne constituent pas une source de revenus fiable.
Questions fréquentes
Quand le PMU a-t-il été créé ?
Le PMU a été créé en 1930 par les sociétés de courses pour organiser le pari mutuel hors des hippodromes. Il est historiquement associé aux paris hippiques, et non aux paris sportifs.
Quand la Loterie nationale et la FDJ sont-elles apparues ?
La Loterie nationale a été mise en place en 1933. Le Loto a été lancé en 1976, puis la société a pris le nom de Française des jeux en 1991.
Que change la loi du 12 mai 2010 ?
Elle ouvre à la concurrence une partie des jeux en ligne, sous agrément : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Elle crée également l’ARJEL, remplacée ensuite par l’ANJ.
L’ARJEL existe-t-elle encore ?
Non. L’ANJ l’a remplacée juridiquement depuis le 1er janvier 2020 et a été effectivement mise en place en juin 2020. Son périmètre couvre davantage d’acteurs que celui de l’ancienne autorité.
Les casinos en ligne sont-ils légaux en France en 2026 ?
Non. Au 29 octobre 2026, les jeux de casino en ligne, comme la roulette ou les machines à sous, restent interdits en France. L’ouverture des paris en ligne en 2010 ne les a pas rendus légaux.