L’essentiel
- L’ANJ a remplacé juridiquement l’ARJEL le 1er janvier 2020.
- Elle agrée les opérateurs de paris sportifs, de paris hippiques et de poker en ligne.
- Elle contrôle notamment la protection des joueurs, les pratiques promotionnelles et l’intégrité des compétitions.
- En cas de litige avec un opérateur agréé, le joueur doit d’abord le contacter, puis peut saisir le médiateur des jeux sous certaines conditions.
- L’ANJ peut faire bloquer des sites illégaux, mais ne règle pas les litiges portant sur un compte ouvert chez un opérateur illégal.
L’Autorité nationale des jeux, ou ANJ, est le régulateur français des jeux d’argent. Elle encadre les opérateurs agréés, protège les joueurs et agit contre les pratiques illégales ou les manipulations sportives. Elle peut aussi aider à orienter un joueur en litige, mais ne remplace ni le service client d’un opérateur ni le médiateur des jeux.
De l’ARJEL à l’ANJ, une autorité élargie
La loi du 12 mai 2010 a ouvert à la concurrence une partie des jeux d’argent en ligne et créé l’ARJEL, l’Autorité de régulation des jeux en ligne. Cette loi reste le texte fondateur du cadre français, même si elle a été modifiée depuis. Vous pouvez retrouver ses principales étapes dans le guide sur la loi de 2010 et l’ouverture des jeux en ligne.
L’ANJ a été créée par une ordonnance du 2 octobre 2019. Elle a juridiquement remplacé l’ARJEL le 1er janvier 2020, puis s’est effectivement mise en place en juin 2020. Son champ d’action est plus large que celui de son prédécesseur : il couvre les jeux en ligne agréés, mais aussi plusieurs volets des activités de la FDJ et du PMU sous droits exclusifs, des casinos et clubs de jeux, ainsi que des hippodromes.
L’ANJ est une autorité administrative indépendante. Cela signifie qu’elle exerce ses missions de régulation dans un cadre fixé par la loi, sans être un service commercial des opérateurs. Elle ne propose pas elle-même de paris et ne fixe pas les résultats des compétitions.
Les missions principales de l’ANJ
La loi donne à l’ANJ quatre grands objectifs. Ils concernent à la fois la sécurité des joueurs, la régularité des jeux et l’équilibre du secteur.
| Objectif | Ce que cela recouvre concrètement |
|---|---|
| Prévenir le jeu excessif et protéger les mineurs | Contrôler les dispositifs de prévention et les mesures destinées à empêcher l’accès des moins de 18 ans. |
| Assurer l’intégrité des opérations de jeu | Veiller à ce que les jeux et les paris se déroulent selon les règles et à prévenir les fraudes. |
| Veiller à l’équilibre entre les filières | Suivre les différentes activités de jeu et leurs effets sur le secteur. |
| Prévenir les activités frauduleuses | Lutter notamment contre le blanchiment et l’offre de jeux illégale. |
Ces missions ne se limitent pas à publier des règles. L’ANJ délivre des agréments, contrôle les opérateurs, examine leurs stratégies promotionnelles et peut engager une procédure de sanction lorsqu’elle relève un manquement.
Agréments, contrôles et décisions
En ligne, l’ANJ délivre des agréments pour trois catégories : les paris sportifs, les paris hippiques et les jeux de cercle, dont le poker. Un agrément est accordé pour cinq ans, peut être renouvelé et ne peut pas être transféré à une autre société. Les loteries en ligne relèvent d’un cadre distinct, et les casinos en ligne, comme les jeux de roulette ou les machines à sous, restent interdits en France au 29 octobre 2026.
L’agrément signifie qu’un opérateur a obtenu l’autorisation nécessaire pour proposer les jeux couverts par sa décision en France. Il ne constitue pas une garantie de gain, ni une assurance contre tout désaccord entre le joueur et l’entreprise. Pour distinguer les activités autorisées des autres offres, consultez le point sur la légalité des paris en ligne en France.
L’ANJ examine aussi chaque année les stratégies promotionnelles des opérateurs et leurs plans d’actions. Elle peut demander des mesures de prévention plus solides, notamment pour limiter les sollicitations excessives ou mieux protéger les publics vulnérables. Les publicités doivent respecter les règles en vigueur : elles ne doivent pas cibler les mineurs ni présenter les paris comme une voie vers la réussite sociale.
Le contrôle porte également sur certaines règles techniques et de jeu. Par exemple, les paris sportifs et hippiques en ligne sont soumis à un plafond de taux de retour aux joueurs, ou TRJ. Le TRJ désigne la part des mises reversée aux joueurs sous forme de gains, calculée en moyenne. Le plafond de 85 % s’apprécie par agrément et sur une année civile, pas sur chaque pari pris séparément.
À titre d’illustration, un TRJ moyen de 85 % signifie que, sur un ensemble de mises observées dans le cadre prévu, 85 € sont reversés en moyenne pour 100 € engagés. Cette moyenne ne prédit pas le résultat d’un pari individuel et ne signifie pas qu’un joueur récupérera 85 € sur ses propres mises.
Protection des joueurs et prévention des risques
Les opérateurs agréés doivent proposer des outils de maîtrise du jeu, comme des plafonds de dépôt et de mise. Pour un compte en ligne, le joueur doit fixer un plafond de dépôts sur sept jours glissants avant son premier dépôt, puis un plafond de mises avant sa première mise. Une baisse prend effet immédiatement ; une hausse ne peut s’appliquer qu’après un délai d’au moins 48 heures.
L’ANJ contrôle ces obligations, mais les limites choisies auprès d’un opérateur ne s’appliquent pas automatiquement aux comptes ouverts chez les autres. L’autorité gère aussi le fichier national des interdits de jeu. Une inscription entraîne notamment la clôture des comptes de jeu concernés et empêche d’en ouvrir de nouveaux auprès des opérateurs agréés.
L’interdiction volontaire de jeux est une démarche personnelle d’au moins trois ans, renouvelée tacitement. Elle ne s’arrête donc pas automatiquement au bout de cette période. La levée ne peut être demandée qu’après trois ans. Les personnes qui souhaitent comprendre les options possibles peuvent lire le guide sur l’interdiction volontaire de jeux.
L’ANJ ne se substitue pas aux services de santé ou d’accompagnement. Si le jeu prend trop de place, entraîne des conflits ou met en difficulté votre budget, il est possible de demander de l’aide auprès de services spécialisés, sans attendre qu’une situation s’aggrave.
Intégrité sportive et lutte contre les sites illégaux
Pour protéger l’intégrité des compétitions, l’ANJ définit, après avis des fédérations concernées, les compétitions et types de résultats sur lesquels les opérateurs agréés peuvent proposer des paris. Cette liste, appelée « liste sport », évite que les paris portent sur des événements qui ne répondent pas aux critères réglementaires. Le président de l’ANJ peut aussi interdire les paris sur une compétition en cas d’indices graves et concordants de manipulation. Les enjeux sont détaillés dans le guide sur l’intégrité sportive et les matchs truqués.
L’ANJ lutte également contre les sites qui proposent des jeux d’argent sans autorisation. Après une mise en demeure, elle peut ordonner aux fournisseurs d’accès à internet et aux moteurs de recherche de bloquer ou de déréférencer un site. La procédure prend environ deux mois, selon les informations disponibles, mais ce délai peut varier. L’autorité publie une liste noire et permet de signaler une offre suspecte.
Un site qui propose des paris en France n’est pas légal simplement parce qu’il est accessible ou qu’il affiche une licence étrangère. Il faut vérifier que l’opérateur figure sur la liste française correspondant à la catégorie de jeu concernée. Le guide pour reconnaître un site de paris illégal détaille les vérifications utiles.
Les pouvoirs de sanction de l’ANJ
Quand l’ANJ estime qu’un opérateur a manqué à ses obligations, son collège peut saisir la commission des sanctions. Cette commission examine les éléments du dossier et peut prononcer les sanctions prévues par le cadre réglementaire. La procédure vise l’opérateur concerné, par exemple en cas de manquement à ses obligations de protection ou aux règles applicables à son offre.
La sanction administrative ne constitue pas un remboursement automatique au joueur. Elle ne tranche pas nécessairement chaque contestation individuelle portant sur un pari, une clôture de compte ou un paiement. Ces démarches suivent des voies distinctes, qui commencent généralement par une réclamation adressée à l’opérateur.
Ce que l’ANJ peut faire pour un joueur, et ses limites
L’ANJ peut informer sur les règles, recevoir un signalement concernant une offre illégale et agir dans son champ de contrôle. Elle gère aussi le dispositif d’interdiction volontaire de jeux. En revanche, elle ne peut pas se connecter à votre compte à votre place, effectuer un retrait ou garantir l’issue d’une réclamation commerciale.
En cas de désaccord avec un opérateur agréé, suivez ces étapes :
- Adressez une réclamation à l’opérateur et conservez les échanges, tickets de pari et justificatifs utiles.
- Attendez sa réponse. Si l’opérateur n’a pas répondu sous 20 jours, ou si sa réponse ne vous satisfait pas, vous pouvez saisir le médiateur des jeux.
- Décrivez précisément le différend et joignez les éléments nécessaires à son examen.
Le médiateur des jeux peut être saisi sous ces conditions, mais il n’est pas le service client de l’opérateur et ne garantit pas une issue favorable. Les modalités pratiques et les cas concernés sont expliqués dans le guide sur le litige avec un opérateur et les recours possibles.
Pour un litige lié à un site illégal, l’ANJ et le médiateur des jeux ne sont pas compétents pour régler le différend entre le joueur et l’exploitant. Un signalement peut toutefois contribuer au travail de lutte contre l’offre illégale. Évitez d’envoyer de nouveaux fonds ou des documents personnels à un service dont la légalité n’est pas établie.
Vérifications utiles avant toute démarche
- Vérifiez que l’opérateur est agréé par l’ANJ pour le type de jeu concerné.
- Pour un problème de compte ou de pari, adressez d’abord une réclamation écrite à l’opérateur.
- Gardez une copie des échanges, des relevés et des règles applicables au pari contesté.
- Si la réponse n’arrive pas sous 20 jours ou ne règle pas le désaccord, vérifiez si une saisine du médiateur des jeux est possible.
- Pour un site suspect, privilégiez le signalement à l’ANJ plutôt qu’une tentative de négociation avec l’exploitant.
- Si votre pratique devient difficile à maîtriser, recherchez un accompagnement adapté, indépendamment de toute réclamation.
Questions fréquentes
Que signifie ANJ ?
ANJ signifie « Autorité nationale des jeux ». C’est l’autorité administrative indépendante qui régule les jeux d’argent en France dans les domaines relevant de sa compétence.
L’ANJ a-t-elle remplacé l’ARJEL ?
Oui. L’ANJ a remplacé juridiquement l’ARJEL le 1er janvier 2020 et s’est effectivement mise en place en juin 2020. Ses compétences couvrent un champ plus large que celui de l’ancien régulateur des jeux en ligne.
L’ANJ peut-elle rembourser un pari contesté ?
L’ANJ ne rembourse pas directement un joueur et ne gère pas les comptes des opérateurs. Il faut d’abord adresser une réclamation à l’opérateur, puis, si les conditions sont réunies, saisir le médiateur des jeux.
L’ANJ autorise-t-elle les casinos en ligne en France ?
Non. Au 29 octobre 2026, les casinos en ligne, comme la roulette et les machines à sous, restent interdits en France. Les agréments en ligne de l’ANJ concernent les paris sportifs, les paris hippiques et le poker.
Que faire si un site de paris semble illégal ?
Ne vous fiez pas uniquement au fait que le site soit accessible ou affiche une autorisation étrangère. Vérifiez l’agrément français correspondant à l’activité et, en cas de doute, signalez l’offre à l’ANJ.