L’essentiel
- La loi du 12 mai 2010 a créé un cadre d’agrément pour les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne.
- L’ouverture à la concurrence ne concerne pas tous les jeux d’argent : les casinos en ligne restent interdits en France.
- L’ARJEL, créée par la loi, a été remplacée par l’ANJ à partir du 1er janvier 2020.
- Les agréments sont délivrés pour cinq ans, renouvelables, et ne peuvent pas être transférés à une autre société.
La loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 a organisé l’ouverture à la concurrence d’une partie des jeux d’argent en ligne en France. Elle a défini les catégories concernées, les règles applicables aux opérateurs et créé l’ARJEL, l’autorité de régulation de l’époque. Ce texte reste en vigueur, mais il a été modifié et complété depuis, notamment avec la création de l’ANJ.
Avant 2010, un cadre sans agrément en ligne
Avant cette loi, il n’existait pas le régime d’agrément en ligne qui structure aujourd’hui le secteur. Le texte de 2010 a posé un cadre pour permettre à plusieurs opérateurs de proposer certaines formes de jeu sur internet, tout en soumettant leur activité à des obligations et à un contrôle public. Il ne s’agissait donc ni d’une libéralisation générale ni d’une autorisation de tout type de jeu.
La loi répondait à une question précise : dans quelles conditions des jeux d’argent en ligne pouvaient-ils être proposés en France ? Son titre évoque l’ouverture à la concurrence et la régulation. Ces deux aspects sont indissociables : l’accès au marché a été ouvert pour des catégories définies, mais les opérateurs devaient obtenir une autorisation et respecter des règles de protection, d’intégrité et de contrôle.
La loi a également institué l’Autorité de régulation des jeux en ligne, ou ARJEL. Elle a notamment posé les bases de l’agrément, du contrôle des opérateurs et de la lutte contre les offres non autorisées. Le cadre a ensuite évolué, mais le texte de 2010 demeure la loi fondatrice de la régulation des jeux en ligne.
Les jeux concernés par l’ouverture à la concurrence
La loi distingue les catégories de jeux et leurs modalités. En France, quatre grandes catégories de jeux d’argent sont autorisées : la loterie, les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. En ligne, les agréments délivrés par l’autorité ne concernent que trois catégories : les paris sportifs, les paris hippiques et les jeux de cercle, dont le poker.
| Catégorie | Situation en ligne en octobre 2026 | Règle à retenir |
|---|---|---|
| Loterie | Elle reste sous le monopole de la FDJ, en point de vente et en ligne. | Elle ne fait pas partie des agréments en ligne délivrés par l’ANJ. |
| Paris sportifs | Ils peuvent être proposés sous forme mutuelle ou à cote. | Seules les compétitions et les sortes de résultats inscrites sur la liste sport de l’ANJ sont pariables. |
| Paris hippiques | Ils sont proposés en pari mutuel. | Les paris doivent être enregistrés avant le départ de la course. Il n’existe pas de pari hippique légal à cote fixe. |
| Poker | Le cash game et les tournois sont autorisés dans le cadre réglementé. | Les variantes proposées doivent appartenir à celles prévues par la réglementation. |
| Jeux de casino | Machines à sous, roulette ou blackjack en ligne restent interdits. | La loi de 2010 n’a pas ouvert cette catégorie à la concurrence. |
Le pari mutuel consiste à répartir les mises entre les parieurs gagnants, selon les règles du pari et après les prélèvements applicables. Pour un pari sportif à cote, l’opérateur propose la cote et garantit le gain correspondant à cette cote si le pari est gagnant. Les règles ne sont donc pas interchangeables d’une catégorie à l’autre.
Les paris sportifs en direct sont autorisés, mais l’offre reste encadrée par la liste sport publiée par l’ANJ. Les paris sur l’e-sport et les marchés de prédiction ne font pas partie des catégories autorisées. Pour vérifier le statut d’une pratique ou d’un site, consultez notre guide sur les paris en ligne légaux en France.
L’agrément : une autorisation encadrée et limitée
Un opérateur ne peut pas proposer légalement des paris sportifs, des paris hippiques ou du poker en ligne en France sans agrément de l’autorité compétente. Un agrément correspond à une autorisation portant sur une catégorie précise. Il ne permet pas à une société de proposer indistinctement toutes les formes de jeu.
Les agréments sont délivrés pour cinq ans. Ils peuvent être renouvelés, mais ne sont pas cessibles : une société ne peut pas simplement transférer son autorisation à une autre entreprise. Lorsqu’un opérateur change de propriétaire ou de structure, la situation de son agrément doit donc être examinée selon les décisions de l’ANJ. La liste des opérateurs agréés peut évoluer ; il faut la consulter dans sa version à jour plutôt que se fier à une ancienne liste ou à une marque connue.
L’autorisation implique aussi un contrôle dans la durée. L’ANJ approuve chaque année les stratégies promotionnelles et les plans d’action des opérateurs. Elle surveille notamment le respect des règles, la prévention du jeu excessif et la protection des mineurs. Les comptes joueurs sont soumis à des contrôles d’identité et à des limites de jeu. Avant le premier dépôt, le joueur fixe un plafond de dépôts sur sept jours glissants, puis un plafond de mises avant sa première mise. Les règles pratiques de ces dispositifs sont expliquées dans notre page sur les limites de dépôt et de mise.
Le taux de retour aux joueurs, ou TRJ, illustre également la logique d’encadrement. Pour les paris sportifs et hippiques en ligne, le plafond porte sur la moyenne annuelle des sommes reversées aux joueurs, par agrément. Il est fixé à 85 % des sommes engagées. À titre d’exemple, pour un volume fictif de 100 000 € de mises, le plafond correspond à 85 000 € reversés en moyenne. Ce n’est pas une garantie de remboursement pour un joueur ni une limite calculée pari par pari.
Les objectifs de la régulation
La loi et les textes qui l’appliquent organisent le secteur autour de plusieurs objectifs. L’ANJ les regroupe en quatre grandes missions : prévenir le jeu excessif et protéger les mineurs, veiller à l’intégrité des opérations de jeu, contribuer à l’équilibre entre les filières et prévenir les activités frauduleuses, dont le blanchiment.
Ces objectifs expliquent pourquoi l’agrément ne se réduit pas à une formalité administrative. Les opérateurs doivent respecter des règles visant à garantir la fiabilité des comptes et des opérations, à limiter les risques pour les joueurs et à préserver l’intégrité des compétitions. Par exemple, les acteurs d’une compétition sportive ne peuvent pas parier sur les compétitions de leur discipline. Les règles sur l’intégrité sportive précisent les restrictions applicables aux sportifs, aux arbitres et aux autres personnes concernées.
L’ANJ peut aussi agir contre les offres illégales. Elle peut faire bloquer ou déréférencer des sites qui proposent des jeux sans autorisation. Pour les joueurs, l’absence d’agrément signifie également que les protections et les voies de recours prévues pour les opérateurs agréés ne s’appliquent pas de la même manière. Les principaux signaux d’alerte figurent dans notre guide pour reconnaître un site de paris illégal.
De l’ARJEL à l’ANJ
La loi de 2010 a créé l’ARJEL, l’Autorité de régulation des jeux en ligne. Cette autorité a été le régulateur du secteur pendant près de dix ans. L’ANJ, l’Autorité nationale des jeux, a été créée par l’ordonnance n° 2019-1015 du 2 octobre 2019. Elle a juridiquement remplacé l’ARJEL à partir du 1er janvier 2020 et s’est effectivement mise en place en juin 2020.
Le changement a élargi le périmètre de la régulation. L’ANJ ne s’occupe pas seulement des opérateurs en ligne agréés. Sa compétence couvre aussi la FDJ et le PMU lorsqu’ils exercent leurs droits exclusifs, ainsi que certains volets concernant les casinos, les clubs de jeux et les hippodromes. Elle gère également le fichier des interdits de jeu et peut bloquer des sites illégaux. Pour comprendre son organisation et ses missions actuelles, consultez la page consacrée à l’ANJ, Autorité nationale des jeux.
La création de l’ANJ n’a pas annulé la loi de 2010. Elle s’inscrit dans la continuité de son principe de régulation, avec une autorité aux compétences plus larges et des règles qui ont été complétées au fil du temps.
Des évolutions qui n’ont pas supprimé les limites
Depuis 2010, des textes ultérieurs ont précisé les règles applicables aux opérateurs et aux joueurs. Le décret du 4 novembre 2020, par exemple, fixe les modalités de contrôle du TRJ pour les paris en ligne. D’autres évolutions ont renforcé les outils de protection et de lutte contre les offres illégales.
La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 apporte elle aussi des changements dans plusieurs domaines. Certaines dispositions concernant les 18-25 ans doivent s’appliquer à partir du 1er janvier 2027, selon des modalités qui doivent être précisées par décret. Elles ne doivent donc pas être présentées comme déjà en vigueur en octobre 2026. La loi étend également certains moyens de lutte contre les sites illégaux et encadre la collecte non autorisée de données sportives en direct à des fins de paris. Le détail des mesures applicables aux joueurs est présenté dans notre dossier sur la loi du 3 août 2026.
Ces évolutions ne changent pas le principe central de 2010 : le marché en ligne est ouvert pour certaines catégories, et non pour toutes. En particulier, aucune loi d’ouverture des casinos en ligne n’a été adoptée au 29 octobre 2026. Les machines à sous et les jeux de casino en ligne restent donc interdits en France, même si un site est accessible depuis le territoire. Les différences avec les jeux autorisés sont détaillées dans notre page sur le casino en ligne en France.
Vérifier le cadre avant de se fier à une offre
Pour comprendre si une offre relève du cadre légal français, retenez ces vérifications pratiques :
- Identifiez la catégorie de jeu : paris sportifs, paris hippiques et poker en ligne relèvent du régime d’agrément de l’ANJ.
- Vérifiez que la société qui exploite le service détient un agrément correspondant à cette catégorie. Une marque ou une ancienne autorisation ne suffit pas.
- Pour un pari sportif, assurez-vous que la compétition et le type de résultat figurent sur la liste sport de l’ANJ.
- Gardez en tête que les paris hippiques sont mutuels et enregistrés avant le départ, tandis que le poker en ligne se limite aux formats et variantes réglementés.
- Ne confondez pas l’ouverture à la concurrence avec une autorisation générale : les jeux de casino en ligne, les paris sur l’e-sport et les paris entre joueurs ne sont pas autorisés.
La loi de 2010 a donc créé un marché réglementé, pas un droit général de proposer n’importe quel jeu sur internet. Les paris restent un loisir payant qui comporte des risques de pertes, d’endettement, d’isolement et de dépendance. Le cadre légal réduit certains risques et fixe des obligations, mais il ne supprime pas les conséquences possibles du jeu.
Questions fréquentes
La loi de 2010 a-t-elle rendu tous les jeux d’argent légaux en ligne ?
Non. Les agréments en ligne concernent les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Les jeux de casino en ligne, comme la roulette ou les machines à sous, restent interdits en France en octobre 2026.
L’ARJEL existe-t-elle encore ?
Non. L’ANJ a juridiquement remplacé l’ARJEL à partir du 1er janvier 2020 et s’est effectivement mise en place en juin 2020. Ses compétences couvrent aujourd’hui un périmètre plus large que les seuls jeux en ligne agréés.
Combien de temps un agrément de l’ANJ est-il valable ?
Un agrément est délivré pour cinq ans et peut être renouvelé. Il est incessible, ce qui signifie qu’une société ne peut pas le transférer librement à une autre.
Les paris hippiques en ligne peuvent-ils être proposés à cote fixe ?
Non. Les paris hippiques en ligne autorisés en France sont proposés en pari mutuel et doivent être enregistrés avant le départ de la course. Il n’existe pas de pari hippique légal à cote fixe.
La loi de 2010 a-t-elle ouvert les casinos en ligne ?
Non. La loi a organisé l’ouverture de catégories déterminées, sans inclure les jeux de casino en ligne. Au 29 octobre 2026, aucune loi n’a autorisé les machines à sous, la roulette ou le blackjack en ligne en France.